La Lettre de L'Economie Sociale n° 1234
Semaine du 3 au 9 mai 2007
PRESIDENTIELLE :
les deux candidats répondent au CEGES
Alors que Ségolène ROYAL et Nicolas SARKOZY se retrouvent face à face pour le second tour de l'élection présidentielle, nous revenons sur l'interpellation faite par le Conseil des Entreprises et groupements de l'Economie Sociale - CEGES - aux candidats ; nous revenons ici sur une synthèse de leurs réponses (élaborée par le GEMA), hervé NOVELLI - député - étant à cette occasion le porte parole du candidat UMP.
Ségolène ROYAL a choisi de répondre précisément et favorablement aux huit questions du CEGES dans le cadre "d'un programme de partenariat et d'action en faveur de l'Economie sociale" ;
- oui à "l'émergence d'un véritable droit des sociétés de personnes" et à ce que toute nouvelle législation ou réglementation tienne compte, le cas échéant, de la situation des entreprises de l'Economie sociale ;
- oui à ce que les entreprises de l'Economie sociale aient accès aux mêmes droits et aux mêmes aides que les entreprises commerciales ;
- oui à l'entrée des syndicats d'employeurs de l'Economie sociale dans les instances du dialogue social "mettant ainsi un terme à une trop longue période de discrimination" ;
- oui à la juste représentation de l'Economie sociale au Conseil économique et social et dans les conseils économiques et sociaux régionaux ;
- oui à la défense de l'Economie sociale dans les instances européennes...
La lettre de Ségolène Royal est longue, et traduit une grande connaissance de l'Economie sociale, jusque et y compris dans ses terres niortaises.
Hervé NOVELLI (pour Nicolas SARKOZY) a choisi un style plus bref (15 lignes) dans lequel il définit trois principes qui devraient, selon lui, présider aux relations entre l'Etat et les entreprises de l'Economie sociale :
- principe de non discrimination, les entreprises du secteur devant "pouvoir assumer leurs activités sans être pénalisées ni avantagées par rapport aux entreprises du secteur privé" ;
- principe de reconnaissance, notamment au niveau régional par une présence accrue dans les conseils économiques et sociaux régionaux ;
- principe d'un interlocuteur unique, "chaque ministère devant pouvoir offrir à ces entreprises un interlocuteur privilégié".
Est-ce à dire que les entreprises de l'Economie sociale ne sont pas privées, n'ont pas vocation à une représentation nationale, et auront 15 interlocuteurs uniques en face d'elles s'il y a 15 ministères dans le gouvernement de Nicolas Sarkozy? Les réponses de Hervé Novelli nécessiteraient de nouvelles discussions avec lui... après les échéances électorales parce qu'elles révèlent de sa part, et probablement de la part du mouvement au nom duquel il s'exprime, une distance, pour ne pas dire une frilosité dont les tenants de l'Economie sociale ne peuvent pas se satisfaire. Ces lettres ne changeront probablement l'opinion de personne, mais elles ont l'immense mérite de baliser l'avenir et de forcer les candidats... à se préparer à leurs futures tâches si le suffrage universel leur est favorable.