Lettre de l'économie sociale n°1203
Semaine du 14 au 20 septembre 2006
Le Club de l'Economie sociale recevait le 29 juin 2006 au Cercle Républicain, à Paris, Frédéric TIBERGHIEN, délégué interministériel à l'Innovation, à l'Expérimentation sociale et à l'Economie sociale ; le résident délégué de l'ICOSI, Jean-Michel REYNAUD rend compte de cette intéressante rencontre sur :
L'ETAT DES LIEUX ET LES PRIORITES POUR L'ECONOMIE SOCIALE
Au cours de son intervention, Frédéric TIBERGHIEN, Délégué Interministériel à l'Innovation, à l'Expérimentation sociale et à l'Economie sociale, a considéré que l'économie sociale était un secteur qui allait plutôt bien par rapport à ses performances économiques, sociales et financières, notant au passage qu'il se recréait significativement une fibre coopérative.
Puis il a passé en revue les points forts et les faiblesses du secteur de l'Economie sociale française.
Au niveau des points forts, le Délégué Interministériel met en avant un enracinement territorial fort, garant de la cohésion sociale, véritable rempart face aux délocalisations ; il note à cet égard un fort ses de la responsabilité sociale des entreprises de l'Economie sociale.
Ce secteur est également un pôle de stabilité pour les pouvoirs publics, vecteur de contacts réguliers et de représentativité forte : 16 millions d'adhérents à la Mutualité française ; un contrat d'assurance sur deux ; neuf agriculteurs sur dix sont des coopérateurs.
Le poids économique de secteur (banque, assurance, agriculture, distribution, services sociaux et de santé, tourisme) représente 11% du PNB et 12% des emplois.
A l'exception du secteur associatif, on note une forte dotation en capitaux propres, ce qui représente une meilleure résistance aux crises et une indépendance certaine ; les statuts particuliers du secteur de l'Economie sociale protégent des prises de contrôle venant de l'étranger. En fait, le secteur contribue fortement au pacte républicain par ses valeurs de solidarité, de démocratie, de sens de l'intérêt général ; tout cela fait que le degré de confiance que l'on accorde au secteur est très élevé.
En ce qui concerne les points faibles, le premier d'entre eux est une force très inégale selon les secteurs ; l'Economie sociale se conçoit trop avec des statuts différents, des préoccupations et des situations très diverses, une juxtaposition de sous-famille dont les membres travaillent trop peu entre eux.
On peut également noter un concept flou et pas trop défini. Il conviendrait de mettre sur pieds un véritable stratégie d'employeurs et de combler le déficit d'image (trop peu d'hommes politiques en parlent et peu d'entrepreneurs emblématiques sont mis en avant).
De la même manière, la Commission Européenne place toujours l'Economie sociale en défensif et en tant que vecteur d'avantages fiscaux, sans jamais aborder les coûts sociaux évités, la dépense publique économisé, l'aide à la cohésion sociale et la valeur ajoutée pour l'ensemble de la société.
Les attentes exprimées, et qui sont des priorités pour la DIES, sont de dresser un panorama et un plan d'action visant à améliorer la visibilité de l'Economie sociale. Les sujets d'avenir sont l'Europe et l'Interministérialité. Trois niveaux stratégiques sont à respecter, la Région, le plan National et l'Europe mais où il convient de travailler ensemble, c'est-à-dire de savoir fédérer sur des thématiques transversales.
Les chantiers prioritaires de la DIES sont de programmes de recherche, des études sectorielles (mesure de l'utilité sociale notamment), la valorisation et la reconnaissance du secteur de l'Economie sociale (les sociétés de personnes sont une alternative aux sociétés de capitaux), un travail de connaissance du secteur à travers le compte satellite de l'Economie sociale, la Conférence Européenne de l'Economie sociale (dont le maître d'oeuvre devrait être l'ICOSI), la mise en place du conseil Supérieur de l'Economie sociale, les sujets du financement du secteur, le statut de coopérative européenne, etc.
En conclusion, de cette très intéressante contribution à la réflexion, Frédéric TIBERGHIEN a indiqué que le secteur avait beaucoup d'atouts et qu'il fallait continuer à peser sur les débats et les orientations.
Jean-Michel REYNAUD
Président délégué de l'ICOSI