Est Républicain,

Le 31 mai 2006

 

LA BONNE SANTE DE L'ECONOMIE SOCIALE

 

NANCY. _ La Chambre régionale de l'économie lorraine (CRESL), présidée par Gilles Barnagaud, faisait état hier de ses analyses basées sur les derniers chiffres d'une étude menée par l'INSEE Lorraine, dirigée par Jean-Paul François, concernant l'économie sociale en Lorraine. Un secteur méconnu. Or Yoplait, Hospitalor ou la CAMIF font partie de l'économie sociale et ce sont des poids lourds de l'économie. Il s'agit tout simplement d'une forme d'économie qui répond aux impératifs économiques, tout en préservant la dimension humaine.

En Lorraine, elle représente désormais près d'un emploi sur dix (77.800 salariés). Alors que les organismes relevant de ce champ économique étaient au nombre de 17.300 en 2004, on en comptait 18.500 en 2005... une progression de 1,3 % en un an. Pendant que, globalement, l'emploi salarié en Lorraine connaissait une baisse de 0,6 %.

 

Les cadres se féminisent

Les premières structures à bénéficier de cette progression sont les associations, particulièrement les organismes exerçant une activité dans le domaine des services aux entreprises (+15 %) et de l'éducation (+7,6 %) qui sont à l'origine de cette hausse, ainsi que les mutuelles. A l'inverse, le CRESL s'inquiète du déficit de l'emploi dans le monde des coopératives, baisse imputable essentiellement aux coopératives de crédit, mais où la catégorie des cadres souffre d'un manque de renouvellement. Les hommes y représentent 85 % des cadres, et une forte proportion d'entre eux sont quinquagénaires.

Autre embellie dans le firmament de l'emploi social en Lorraine, le recul de la précarité. Le nombre des emplois occasionnels recule, alors que la part des emplois permanents est passée de 39 à 40 % et que la proportion des emplois aidés (1 % hors du champ de l'économie sociale) a progressé de 8,3 % en un an.

Autre donne : le repli des hommes s'observe dans toutes les catégories socio-professionnelles, particulièrement marqué parmi les cadres (-10,4 %).

Les femmes sont également touchées par le recul des cadres, mais de façon moins forte (-5,3 %). Ce qui fait que la répartition hommes/femmes dans cette catégorie évolue au profit des femmes qui occupent 38,8 % des postes. Néanmoins, seules 6 % des femmes salariées de l'économie sociale sont cadres, contre 18,5 % pour les hommes.

Dans l'ensemble, on peut dire qu'avec ses 10 % de salariés en Lorraine, l'économie sociale frôle les 13 % des salariés de la fonction publique dans notre région, l'une des mieux encadrée de France. Ce qui n'est pas peu dire.

E. B.

·  Renseignements : www. insee. fr/lorraine (Travaux de Achour Rezzik et Bernard Thirion).