
Du 7 / 12 / 2005
L'association ELIPS a organisé le mercredi 7 décembre, de 8h30 à 10h30, à Hayange son 8ème petit-déjeuner de l'économie sociale sur le thème : « Métiers d’art et économie sociale au service du patrimoine »
La Vice-Présidente de la Communauté d’agglomération du Val de Fensch présente le patrimoine et la culture au sein du Val de Fensch comme des vecteurs pour accueillir le public. Il s’agit d’un projet de territoire plus qu’un projet d’une commune uniquement. Un travail a été mis en place sur une zone de loisirs afin de rendre le territoire attractif. La communauté est également très attachée à son patrimoine industriel notamment le château de la famille De Wendel et le Haut Fourneau à Uckange. La Communauté d’agglomération du Val de Fensch porte une réflexion sur le développement du tourisme de manière à travailler sur le patrimoine de manière à prendre conscience de toute la richesse que l’on a souhaite développer le territoire au niveau culturel. C’est pourquoi, elle apporte son soutien à des projets ponctuels : des associations de musique, le festival du film arabe…
Joël GROSJEAN présente ce petit déjeuner qui est consacré à la préservation et la mise en valeur du territoire et plus précisément à deux exemples de valorisation du patrimoine, de création d’activité et d’accompagnement de parcours professionnels à travers les métiers d’art : menuiserie, ébénisterie, vitraux…Quatre structures sont à l’initiative de ces rencontres : ELIPS, Valoprest, la CRESL et la MACIF.
Monsieur Radoslav PAVLOVIC, encadrant technique du centre d’initiation à la menuiserie d’art à Maxéville commence cet exposé. Il est menuisier ébéniste de formation et travaille dans une association qui mêle le social et la culture. Joël GROSJEAN est d’ailleurs l’un des fondateurs de cette association. Cette association s’adresse à des salariés dont la plupart n’ont pas de qualification. Le but est de permettre une envolée professionnelle de ces personnes sans qualification grâce aux métiers d’art par le biais de chantiers d’insertion.
« On a toujours mener une réflexion poussée sur comment soutenir l’envolée professionnelle des personnes sans qualification par le biais de métiers d’art.» Radoslav PAVLOVIC
Il s’agit pour la plupart de gens motivés par la menuiserie mais qui ont des notions vagues, peu de formation ou des problèmes sociaux. Dans cette association, ils ont une possibilité de construire un projet professionnel solide et cohérent avec leurs compétences. Les stagiaires doivent apporter un résultat de production fixé selon leurs capacités.
Le chantier doit bien marcher : les résultats attendus ne sont pas exagérés et il faut essentiellement jouer sur la dynamique de groupe et le respect.
Les salariés passent par un stade de professionnalisation pendant 9 mois pour apprendre les premiers gestes. Un travail est réalisé en collaboration avec l’ANPE et l’AFPA.
« On essaie de jouer la dynamique de groupe à travers l’insertion sociale ou pendant cette période on fait des travaux de ravalement de manière à pouvoir orienter les stagiaires vers les métiers du bâtiment » Radoslav PAVLOVIC
Suite à cette phase, on leur apprend la manière de chercher un emploi : les chiffres sont très encourageants puisque 70% des sorties sont positives au bout de 5 ans. Une médaille d’honneur a d’ailleurs été attribuée à l’association grâce à ce taux exemplaire.
En hiver, les formateurs essaient d’augmenter encore le niveau en initiant les salariés aux métiers d’art : fabrique de mosaïque, peinture décorative…
Un des avantages souligné par Radoslav PAVLOVIC et de connaître les compétences et les capacités de ses stagiaires de manière à mieux les guider sur les chantiers :
« Ce ne sont pas des chiffres, ce ne sont pas des numéros abstraits, ce sont des gens qu’on connaît très bien et pour qui on essai de répondre au mieux à leurs besoins. »
Sur les trois dernières années ont été mis en place des ateliers de mosaïque avec des motifs d’art nouveau sur la voix publique. De même, ces ateliers ont permis la réalisation de tables pour des associations des écoles. Il ne s’agit pas de rentrer dans la sphère de la commercialisation.
Jean-Clément COSTE, Directeur du Carreau des métiers d’art à Richwiller décrit ce projet qui a fait ses preuves depuis de nombreuses années. Le concept est né en 1999 en Bourgogne avec le financement de la fondation MACIF, du Conseil Régional et d’EDF. Le constat était double :
- les artisans ne trouvaient pas de jeunes motivés et suffisamment formés aux métiers d’art
- les artisans ne trouvaient pas de repreneurs
Au début, en Bourgogne, s’adressait principalement aux personnes « en marge des circuits traditionnels ». Cette association a dysfonctionné du fait que l’activité ne pouvait pas se pérenniser. Cette association a dysfonctionner du fait que l’activité ne s’adresser qu’a des gens en difficulté : le public n’était pas assez diversifiée. Il a été décidé de la transformer en SCIC en 2002 en changeant complètement la politique de recrutement. L’objectif était de consolider l’économie pour pouvoir faire de l’insertion professionnelle en recrutant des jeunes avec une qualification CAP dans le métier choisi qui sont par exemple l’ébénisterie, le vitrail, la couture, la reliure, la mosaïque… et une très forte motivation.
« Le principe de base est que l’on prend ces jeunes qui ont déjà une qualification et une très forte motivation, ils travaillent pour l’entreprise jusque fin 2006, ils faut faire du chiffre d’affaire , il acquièrent de l’expérience, on est pas à l’école, c’est pas de la théorie c’est que de la pratique, on les met au contact du client c’est eux qui gère le client du début à la fin et on les accompagne techniquement pour qu’ils progressent vers le haut de gamme et aussi sur la gestion commerciale, la communication, tout ce qui fait la vie de l’entreprise.» Jean-Clément COSTE
Les types de contrats sont des emplois jeunes Il s’agit désormais d’une vraie entreprise avec un chiffre d’affaire. Un accompagnement est réalisé auprès des jeunes pour les former à la gestion, au commerce afin qu’ils soient capables de gérer une entreprise plus tard. Il s’agit de jeunes qui ne sont pas en insertion mais qui prennent des stagiaires en insertion, ce qui crée du lien social.
« On travaille sur l’engagement de ces gens, c’est du haut de gamme, et si pour l’instant ce ne sont pas des jeunes en insertion eux vont s’adresser à des jeunes en insertion, c’est très important le lien qui se fait ». Jean-Clément COSTE
Même les bâtiments du Carreau des métiers d’art ont été réaménagés par les jeunes. Le Carreau est composé de plusieurs ateliers : couture, reliure, mosaïque, ébénisterie, agencement, décoration…
En interne, le Carreau est en lien avec une coopérative d’activité et d’emploi afin d’aider les personnes souhaitant lancer leur activité en indépendant et donc de tester d’abord leur activité.
Ce petit-déjeuner a permis de présenter deux exemples très différents : l’un tourné vers le social et fondé sur la patience comme levier social et l’autre, tourné vers le haut de gamme et la professionnalisation.
Suite à ces deux présentations, de nombreuses questions ont été posées aux intervenants, preuves de l’intérêt porté à leurs exposés très enrichissants.
Joël Grosjean conclu ce petit déjeuner en soulignant le fait que ces témoignages font apparaître un certain nombre d’articulations qui repositionnent l’économie sociale dans un environnement, un ensemble, qui permettre de mettre en évidence que l’économique et le social ne sont pas l’un a coté de l’autre mais bien au contraire complémentaires au sein des entreprises et de la société plus globalement.