
Du 4 / 10 / 2005
Le 7eme petit-déjeuner de l’économie sociale portant sur les « échanges de savoirs et l’économie solidaire » a eu lieu à la Communauté d’agglomération du Val de Fensch le mardi 4 octobre 2005.
L’objectif d’ELIPS lors de ces petits-déjeuners est de promouvoir le développement de l’économie sociale en apportant son soutien à des projets concrets et en organisant ces petits-déjeuners.
Mélanie HABART, animatrice coordinatrice du Réseau d’échange réciproques de savoirs de Bar-le-Duc et Annette MARQUIS-WEBER, Directrice de l’Université populaire Trans-frontalière Forbach-Volklingen de Forbach ont présenté tour à tour leurs structures. Ces deux types d’échange de savoirs correspondent à des approches totalement différentes qu’il va être intéressant de confronter.
Mélanie HABART commence par définir les réseaux d’échange de savoirs :
C'est dans les années 70 que Claire Heber-Suffrin, institutrice, décide de développer la notion d'échange de connaissances dans son établissement scolaire entre les enfants, puis les parents, les enseignants et les employés de la mairie d'Orly. En 1977, elle met en place une nouvelle expérience qui va s'étendre dans d'autres communes. C'est le début du mouvement qui va engendrer plus de 200 groupes dont 170 en France (30 en Suisse, 10 en Belgique...) qui sont réunis par une coordination nationale depuis 1987. A Bar-le-Duc, le réseau existe depuis 1997 et s’est développé grâce aux centres sociaux. Les activités pratiquées sont très diverses : couture, tricot, histoire de l’art, cuisine, langue vivante… Le nombre de personnes touchées avoisine les 160.
Historique : http://www.mirers.org/IMG/pdf/historique.pdf
Le principe est simple : l'échange de savoirs s'effectue sur le mode de la réciprocité ouverte : toute offre suppose une demande et toute demande est accompagnée d'une offre, à plus ou moins long terme. On échange que des savoirs : tout rapport d'argent ou de service est exclu.
Il suffit de formuler une offre et une demande de savoir et de les faire connaître au Réseau. Un animateur est présent à la première rencontre entre offreur(s) et demandeur(s) de savoirs, qui décident ensemble des contenus, des méthodes d'apprentissage, de la durée, de la fréquence des rencontres, de l'heure, du lieu d'échange. Par la suite, il assurera le suivi et le bilan. Les échanges se font de personne à personne ou au sein d'un groupe. Quelqu'un qui se découvre capable d'apprendre et de transmettre des savoirs renforce sa confiance en lui, sait choisir ce qui lui convient dans le jeu social, voit se vivifier le réseau de ses relations et donc se diversifier les occasions de résoudre telle ou telle difficulté. En brisant les barrières de l'âge, de classes sociales, d'ethnies, les rencontres que suscitent les R.E.R.S donnent à ceux qui le désirent les moyens de s'inscrire dans un projet de création collective.
Les RERS permettent aux personnes de se responsabiliser car les bénévoles apprennent et prennent également conscience de leur potentiel en offrant l’apprentissage d’un savoir.
Le réseau constitue une création collective et joue sur le lien social. Il s’agit d’un échange démonétisé : la monnaie d’échange est la réciprocité. La difficulté réside dans le poids de l’offre et de la demande. Certaines personnes ne vont que offrir alors que d’autres ne vont que demander. Il faut donc que l’animateur fasse un travail pour équilibrer ces deux aspects.
Annette MARQUIS-WEBER présente l’Université populaire. Il en existe une centaine en France. L'Université Populaire Transfrontalière est une structure associative de formation permanente qui propose :
* l'approfondissement et la réactualisation des connaissances
* la possible acquisition de nouvelles compétences,
* l'élargissement des échanges culturels transfrontaliers,
* le développement d'activités artistiques,
* des sorties, excursions, soirées, concerts, brunch-promenade, journées "art", rallyes...le tout dans un climat d'échange et de partage.
La devise est: "le savoir partagé en toute convivialité".
La spécificité de l’université populaire de Forbach réside dans :
- son aspect transfrontalier : tandem franco-allemand, ce qui facilite l’apprentissage des langues
- les locaux ont été mis à disposition par la ville de Forbach
Les participants paient une adhésion mais l’Université populaire n’est pas réservée à une élite. Le paiement permet de motiver la personne à participer aux cours dans lesquels elle s’est inscrite.
En outre, les intervenants ne sont pas des bénévoles et il faut les rémunérer ainsi que les salariés de l’association (1.75ETP)
Les activités sont proposées dès que 3 personnes sont intéressées.
Une université populaire naît de la volonté d’une ou plusieurs personnes qui souhaitent s’investir dans ce genre de projet. L’objectif 1er de l’université populaire de Forbach n’avait rien d’idéaliste : il s’agissait d’occuper des locaux inoccupés. En 2004, 1368 étudiants se sont inscrits à un ou plusieurs cours.
Suite à ces deux interventions, de nombreuses questions ont été posées par le public. Un débat intéressant a donc conclu ce petit-déjeuner de l’économie sociale.